Brèves : 18-25 janvier 2021

Chaque semaine, retrouvez les brèves sur Yule Media : un récapitulatif des actualités féministes de la semaine 

20 janvier 2021
Suite au #Metooinceste lancé il y a une semaine, un nouveau hashtag a été créé et largement repris sur les réseaux sociaux. Ce #MetooGay réunit de nombreux témoignages de violences survenues entre hommes homosexuels, brisant ainsi un fort tabou au sein de la communauté gay. Malgré les liens importants entre les féministes et la communauté LGBTQI+, de nombreux hommes victimes n’ont pas pris part à la vague de témoignages de #MeToo, de peur de donner du grain à moudre à une frange homophobe grandissante de la population, par honte ou par déni1

Pourtant, comme pour les victimes d’inceste, la libération de la parole des courageuses personnes qui témoignent, souvent de manière non-anonyme, permet de prendre conscience de l’ampleur de la problématique des violences sexuelles dans la société.

Nous vous croyons, nous vous soutenons, vos voix sont importantes. 

1 : Christophe Martet. #MeTooGay : une porte s’ouvre enfin sur cet autre tabou, Komitid, 22/01/2021. [consulté le 25/01/2021]. 

21 janvier 2021
Jeudi 21 janvier, le Sénat a adopté à la quasi-unanimité une proposition de loi portant sur la question du consentement sexuel des mineur·e·s. Le point central de cette loi est l’établissement d’un âge seuil de non-consentement automatique, permettant ainsi de criminaliser tout acte sexuel prouvé commis par un·e adulte sur un·e enfant, qui n’aura plus à prouver son non-consentement.

La proposition de loi établit aujourd’hui cet âge-seuil à 13 ans, ce qui a provoqué de forts débats dans l’espace public. En effet, de nombreux cas médiatiques d’atteintes sexuelles et de viols sur mineur·e·s concernent des victimes de plus de 13 ans, à commencer par le plus récent, le jumeau de Camille Kouchner, 14 ans à l’époque des faits. De nombreuses personnalités militant pour la protection des mineur·e·s ont ainsi posté en début de semaine des photos d’elles à l’âge de 13 ans, afin de mettre en avant l’absurdité d’un âge-seuil si jeune. Les associations craignent en effet une fragilisation des 13-15 ans face à la loi, pour lesquel·le·s il serait possible d’admettre un consentement. Un travail de cette proposition de loi sera fait dans les prochaines semaines, notamment sur cette question, et amènera peut-être l’âge de non-consentement à 15 ans, âge de la majorité sexuelle (qui n’est actuellement pas inscrite dans les textes de loi). 

Cependant cette proposition de loi reste une avancée encourageante dans la protection des mineur·e·s, puisqu’il permet également la création d’une nouvelle infraction (la pénétration sexuelle sur mineur·e de moins de 13 ans par une personne majeure ayant connaissance de son âge), punie de 20 ans de prison, ainsi que l’allongement de la prescription pour non-dénonciation de violences sexuelles sur mineur·e. 
Les associations de protection de l’enfance mettent malgré tout la lumière sur le besoin urgent de moyens pour mettre en place une réelle prévention des violences sexuelles pédocriminelles, point incontournable de cette lutte. 

23 janvier 2021
Comment fait-on pour que les hommes cessent de violer ? C’est la question, posée sur Twitter par Mélusine @Melusine_2, militante féministe, qui lui a valu la suspension de son compte, pour “infraction à nos règles relatives aux conduites haineuses”. En soutien, de nombreuses autres militantes féministes ont à leur tour posé la question sur le réseau social. 

La question est toutefois plus que légitime quand on sait qu’entre 94% et 98% des violences sexuelles sont perpétrés par des hommes en France¹. Dans un contexte où les témoignages se libèrent, notamment sous les #MeTooInceste et #MeTooGay, cette question vient éclairer une réalité. Les critiques sur la généralisation de la formalisation n’ont pas lieu d’être. On sait qu’il s’agit d’une généralisation, et que tous les hommes ne violent pas. Pourtant, les chiffres sont là, et la très grande majorité des violeurs sont des hommes.
Pour la journaliste Lauren Bastide, sollicitée par le Huffpost, “on parle de violence masculine, et rien ne me choque dans cette question incroyablement légitime, qui correspond aussi à une prise de conscience globale selon laquelle les responsables de violences sexuelles, ce sont très majoritairement des hommes.” 2

Au-delà de cela, il faut pouvoir en parler, pouvoir éduquer, faire de la prévention si l’on veut faire changer les choses. La modération de telle question est importante, car elle démontre une véritable censure autour de ce sujet. 
Suite à la mobilisation, Twitter a reconnu à une erreur de modération et a finalement rétabli les comptes des militantes. 

¹ Equipe Virage, “Viols et agressions sexuelles en France : premiers résultats de l’enquête Virage”, Population et Sociétés, n°538, 2016 : https://www.ined.fr/fichier/s_rubrique/25953/538.population.societes.2016.novembre.fr.pdf
² Marine Le Breton, “Comment faire pour que les hommes cessent de violer ?” , la question qui dérange, Huffpost, 25/01/2021 : https://www.huffingtonpost.fr/entry/comment-faire-pour-que-les-hommes-cessent-de-violer-elles-revendiquent-le-droit-de-poser-cette-question_fr_600ec516c5b6a0d83a1d21d9

25 janvier 2021
Après avoir ouvert à la concurrence la ligne d’écoute nationale pour les femmes victimes de violences conjugales, Elisabeth Moreno a annoncé lundi 25 janvier le retrait du marché public du 3919. Celui-ci fait suite à la mobilisation de la Fédération Nationale Solidarité Femme (FNSF), propriétaire du 3919, et de nombreuses autres associations féministes qui contestaient la procédure. 

En effet, le 3919, créé il y a environ 30 ans par la FNSF, un réseau de plus de 70 associations spécialisées dans la prise en charge des victimes de violence, est une ligne d’écoute gratuite et nationale, dont la notoriété est maintenant avérée. En le mettant en concurrence, la prise en charge des femmes victimes de violence est mise en danger, et l’expertise du secteur associatif dans ce domaine, non reconnue. Alors que la situation sanitaire a conduit à une augmentation des signalements et des violences¹ et que la lutte contre les violences faites aux femmes manque de moyens financiers suffisants, il est impensable de fragiliser le dispositif. 

La FNSF a dans son communiqué² réitéré sa “volonté et sa disponibilité” pour trouver une solution pérenne incluant pleinement le secteur associatif afin de consolider le 3919 et d’augmenter sa voilure (7j/7, 24h/24) conformément aux objectifs fixés lors du Grenelle contre les violences conjugales. Une augmentation des subventions allouées par le gouvernement au 3919 est nécessaire pour permettre son renforcement. 


¹ Rapport remis à la ministre chargée de l’égalité entre les femmes et les hommes par la mission interministérielle pour la protection des femmes victimes de violences et la lutte contre la traite des êtres humains (MIPROF), Les violences conjugales pendant le confinement : évaluation, suivi et propositions, juillet 2020 : https://www.egalite-femmes-hommes.gouv.fr/wp-content/uploads/2020/07/Rapport-Les-violences-conjugales-pendant-le-confinement-EMB-23.07.2020.pdf
² Communiqué de la Fédération Nationale Solidarité Femme (FNSF) en date du 25 janvier 2020 : https://www.solidaritefemmes.org/upload/FNSF-CP-annulationmarche3919-25.01.2021-web.pdf

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