Yule, célébration du renouveau


Alors que Noël approche à grands pas, une autre célébration bien moins connue mais chère à notre cœur démarre aujourd’hui. Il s’agit de la fête de Yule, le sabbat du solstice d’hiver.
D’où vient-elle, comment est-elle  célébrée ? On vous explique tout dans cet article.

Origine de Yule

Astronomiquement, Yule correspond au solstice d’hiver. Le solstice (du latin sol = “soleil”, statum = “immobile”) est une période particulière, où le soleil atteint sa plus forte déclinaison et en hiver, il provoque la plus longue nuit de l’année(1)

Yule serait une tradition issue de diverses religions païennes. Bien que le mot soit utilisé de manière péjorative, le terme “païen” se réfère à la multitude de religions basées sur la vénération de la nature, où l’humain se place en harmonie avec le reste des éléments vivants et non-vivants, où il vit au rythme des saisons. On reconnaît 3 caractéristiques communes aux religions païennes : 
– elles sont polythéistes, avec une pluralité de divinités,
– elles considèrent la Nature comme une théophanie (une manifestation divine),
– elles reconnaissent une divinité féminine principale ainsi qu’une multitude de déesses secondaires, égales en importance aux dieux (2).

Yule semble apparaître dans des sources datant d’avant la naissance de Jésus Christ, mais la période pré-christianisme n’étant pas riche en sources écrites, il est difficile de dater clairement son origine. 
Selon la plupart d’entre elles, Yule serait la fête germanique du solstice d’hiver, et l’évolution ou la cousine d’une fête venant des pays scandinaves, appelée Jólablot en vieux norrois (3,4). Cette fête de 12 jours, dont le nom signifie littéralement “les fêtes du sacrifice”, serait centrée autour des Dises d’Odin. Les Dises (5), à l’instar des trois Moires (6) grecques, sont des entités féminines qui veillent sur le devenir du monde. Bien que Yule soit germanique, les peuples du Nord des actuelles Allemagne et Pologne partageaient de nombreux points communs avec les déités nordiques. 

L’étymologie de Yule/Jól fait également penser au mot “hjól/jhul” qui signifie roue, référence probable à la course du Soleil (sól hjól/ solhjul) (4). Le féminin est une fois de plus mis à l’honneur car le Soleil est une personnification féminine dans les croyances nordiques, et la Lune est masculine, contrairement aux personnifications plus récentes de ces deux astres.  

Symbolique actuelle et place dans le féminisme

Malgré ses origines nordiques, Yule s’est ensuite exportée dans diverses parties de l’Europe au rythme des conquêtes de territoire et des échanges commerciaux. Si sa forme d’origine était de longues festivités de 12 jours à un mois à partir du solstice d’hiver, basée sur les phases de la lune, elle a par la suite évolué vers des célébrations plus réduites. 

Yule a notamment une place très importante dans la Wicca. Cette religion, issue du néopaganisme, regroupe de nombreuses croyances et influences pré-chrétiennes et s’est développée à partir du 20ème siècle dans les mouvements ésotériques européens. Elle est notamment pratiquée par de nombreuses sorcières et sorciers à travers le monde. La Wicca s’articule autour de la roue de l’année, qui définit 8 sabbats rythmant la vie des sorcières au fil des saisons, dont 4 solaires et 4 lunaires. 
Yule est l’une des fêtes solaires, et correspond au jour le plus court de l’année. A partir de celle-ci, la lumière ne fera que gagner en force et en intensité jusqu’à son antagoniste, Litha, le solstice d’été.

Yule symbolise le renouveau, la naissance d’un nouveau cycle. En effet, Yule est tantôt le jour de la naissance du Dieu Soleil, ou Dieu Cornu, tantôt la victoire du Roi Chêne sur le Roi Houx pour obtenir les faveurs de la Déesse Mère. Ces deux frères se partageraient l’année, dominée par le Roi Houx de Litha à Yule, qui endort la nature et entoure le monde de nuit, puis par le Roi Chêne, symbole de renaissance (2,7)
Les célébrations actuelles de Yule se tiennent durant les 3 jours du solstice, du 21 au 23 décembre (8). Bien qu’il soit bien vu de partager un festin avec ses proches comme le faisaient les peuples scandinaves, la plupart des wiccans font surtout la part belle à la lumière, en illuminant leur intérieur de bougies et font le bilan de l’année, avec une attention particulière sur les bonnes choses qui sont arrivées (9). Il s’agit d’un moment de pause avant de démarrer un nouveau cycle. 

Malgré son évolution, Yule reste aujourd’hui un symbole d’espoir et de renaissance après la longue nuit. Le solstice d’hiver est donc une célébration des bienfaits du soleil sur la faune et la flore, de la lumière qui revient sur le monde. Bien qu’il prenne place en plein cœur de l’hiver, ce sabbat est un moment heureux, qui rappelle que la vie existe malgré le froid, que l’ombre n’existe que par la lumière.

Les femmes ont une place importante dans les croyances autour de cette fête, tant dans les versions anciennes que récentes. La figure de la sorcière, aujourd’hui largement repris par les mouvements féministes (10), contribue à une retour en force de ces traditions.
Chez Yule Media, c’est d’abord ce symbole de la sorcière, la femme indépendante, de l’espoir qui revient, qui nous a inspiré. Comme cette figure emblématique, nous espérons apporter une lumière, un éclairage sur notre société et les luttes qui la forgent, pour sortir des carcans imposés. 

Sources :
(1) Larousse, Solstice, [https://www.larousse.fr/dictionnaires/francais/solstice/73353] (consulté le 20/12/2020) 
(2) JONES, Prudence, PENNICK, Nigel, A History of Pagan Europe, Routledge, 1995, 275 pages.
(3) Nemesis Wood. Yule : Brève Historique, Créations, Célébrations et Conseils de Lectures. 19/11/2019, [https://www.youtube.com/watch?v=fO_43at9a3I&ab_channel=N%C3%A9m%C3%A9sisWood] (consulté le 16/12/2020)
(4) Jolablot. WHAT IS THE ORIGIN OF YULE?. 2020 [https://jolablot.com/origin-of-yule/] (consulté le 16/12/2020)
(5) Gene.arboit pour Wikipédia, Dises. Créé le 12/08/2006,, modifié le 1/11/2020, [https://fr.wikipedia.org/wiki/Dises] (consulté le 18/12/2020] 
(6) Briséis~frwiki pour Wikipédia, Moires. Créé le 22/03/2004, modifié le 3/11/2020, [https://fr.wikipedia.org/wiki/Moires] (consulté le 18/12/2020) 
(7) Samantha de Lost Cosmos, Yule / The Winter Solstice. 17/12/2019, [https://lostcosmos.co.uk/blogs/news/yule-the-winter-solstice] (consulté le 17/12/2020) 
(8) DAVY, Barbara J., Introduction to Pagan Studies. Altamira Press, 2007, 162 pages.
(9) PARKER, Jack et Diglee, Witch Please. Pygmalion, 30/10/2019, 216 pages.
(10) CHOLLET, Mona. Sorcières – La puissance invaincue des femmes. Zones, 13/09/2018, 240 pages.

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